Bienvenue sur le blog "Des mots et des mots" ! Le concept est simple : s'amuser avec la langue française. Aujourd'hui, le défi est d'écrire une histoire en intégrant obligatoirement les 10 mots ci-dessous. Voici ma version... Et si le cœur vous en dit, tentez le défi dans les commentaires !
Mots imposés : Carrousel – Orage – Biscotte – Chuchoter – Émeraude – Trottoir – Parapluie - Tic-tac – Moustache - Éphémère
Léonard était un jeune homme très timide. Il se promenait souvent seul dans la ville, sans avoir un but bien défini. Il était beau, toujours vêtu à l’ancienne avec un costume trois pièces bleu chiné. Une petite poche dans son veston laissait apparaître une montre à gousset, qui lui donnait un air un peu désuet, mais plein de charme. Du haut de ses 23 ans, il portait la moustache avec un style qui ne laissait pas indifférente la gent féminine, même s’il ne s’en apercevait pas.
Il avait un secret. Sa montre était magique. Le soir, de 20h
à minuit, elle lui donnait une assurance incroyable, et tous les regards se
tournaient vers lui, alors même qu’il était d'ordinaire si discret.
Ce samedi soir, alors qu’il se promenait dans une rue plutôt
déserte, le ciel se fit menaçant et des éclairs laissaient poindre au loin un
orage intense. Heureusement, il avait avec lui son parapluie. Il s’aventurait
dans des ruelles qu’il ne connaissait pas. Il suivait machinalement le trottoir
en observant ses chaussures parfaitement cirées, quand il se trouva nez à nez
avec une jeune demoiselle magnifique. Elle était aussi timide que lui. S’étant
télescopés, l’un et l’autre bredouillèrent quelques mots inaudibles.
Une pluie orageuse tomba brusquement. Léonard ouvrit son
parapluie et offrit sa protection à sa compagne de cet instant. Elle s’appelait
Prunelle et avait de jolis yeux. Ils allèrent s’abriter dans la taverne qui se
trouvait de l’autre côté de la rue. Léonard commanda un thé et quelques
biscottes. Prunelle, bien que surprise, décida de le suivre et se régala. Cela
lui rappela son enfance ; les biscottes étaient le péché mignon de sa
grand-mère. Léonard lui parut très lumineux et elle se demanda s’il s’agissait
de ce coup de foudre qu’elle attendait tant.
L’orage passa, et cet instant éphémère dans la taverne leur
parut trop court. En sortant, Léonard invita Prunelle à poursuivre le chemin
ensemble. Au bout de la rue se dressait un carrousel avec de magnifiques
chevaux de bois et une musique à l’ancienne. Ils firent un tour de manège. Ils
riaient tous les deux de ce moment merveilleux. Léonard se pencha pour lui
chuchoter des mots gentils et attentionnés.
Tic-tac. Soudain, Léonard se rappela qu’à minuit, le charme
serait rompu. Il décida de lui offrir précipitamment la bague en émeraude qu’il
conservait toujours sur lui. Il s’agissait d’un cadeau de son grand-père qu’il
devait offrir à la femme de ses rêves.
Prunelle ne comprenait pas, tout allait si vite. Léonard
s’enfuit, la laissant seule avec ses rêves et ses inquiétudes. La bague lui
allait parfaitement au doigt.
Les soirs suivants, ils se retrouvèrent au même endroit.
Léonard lui raconta le charme de sa montre, ce qui fit rire Prunelle. À cet
instant, elle sut que Léonard était l’homme de sa vie.
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