L'Orchidée des Montagnes - ALPES SUISSES - ROMANCE MÉLANCOLIQUE 🏔️

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Bienvenue sur le blog "Des mots et des mots" ! Le concept est simple : s'amuser avec la langue française. Aujourd'hui, le défi est d'écrire une histoire en intégrant obligatoirement les 10 mots ci-dessous. Voici ma version... Et si le cœur vous en dit, tentez le défi dans les commentaires.

Mots imposés : Caravane, Orchidée, Bégayer, Boussole, Océan, Grelotter, Diamant, S'enfuir, Croissant, Aube.

Marie habitait dans sa caravane depuis plus de trente ans. Sa montagne natale l’avait comme emprisonnée, elle était incapable d’aller ailleurs. Cet ailleurs que, souvent, les passants lui contaient dans des histoires qui lui semblaient parfois merveilleuses.

Elle se souvenait de ce jeune Argentin qui avait vu l’océan pour la première fois lors de ses 18 ans ; il avait plein d’étoiles dans les yeux en lui racontant. Elle n’avait jamais vu la mer. À cette époque, elle avait 35 ans et s’était mise à rêver de s'enfuir pour découvrir autre chose que ces montagnes si rudes l’hiver.

Sa caravane immobilisée depuis longtemps, les roues entourées d’herbes folles et parfois de fleurs endémiques, ne lui donnait aucun espoir. Elle se mit à grelotter en repensant à tout ça, à toute sa vie. Toujours plongée dans ses pensées, elle ouvrit le tiroir du petit meuble à côté de son lit et en sortit une petite boîte de velours noir. La bague ornée d’un magnifique diamant brilla devant ses yeux humides.

Il s’appelait Jarris. Ils avaient vingt-trois ans à l’époque. En randonnée, la boussole à la main, il avait croisé Marie. Elle était si jolie, et si originale. Elle vivait déjà dans sa caravane. Elle aimait chercher les orchidées les plus rares dans sa montagne suisse, et les photographiait. C’était sa vie. Elle n’avait pas voulu le suivre, lui qui vivait en ville, à Paris. Il avait bégayé en la demandant en mariage. Elle n’avait pas réussi à lui dire oui. Elle s’était juste mise à regarder le croissant de lune et à pleurer.

Ce matin, à l’aube de ses quatre-vingt-six ans, Marie regardait sa montagne, et sa vie aussi. De chaudes larmes coulaient sur ses joues crevassées par le temps.

Eileen Lépitot

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